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Sunday 11 February 2007

Le Ladakh, aux confins de l'Inde

Ancien royaume himalayen, le Ladakh se situe à l’extrême nord-ouest de l’Inde et constitue l’une des trois région de l’Etat du Jammu et Cachemire, à savoir, le Cachemire, où se trouve Srinagar, la capitale d’été ; Jammu, où se trouve la ville du même nom et capitale d’hiver, et le Ladakh.

Au nord et à l’est, le Ladakh fait frontière avec le Tibet, tandis qu’au nord-ouest, il est bordé par la région pakistanaise du Baltistan, qui lui était rattachée jusqu’en 1947. Skardu, capitale du Baltistan, aujourd’hui en territoire pakistanais, était alors la capitale d’hiver du Ladakh, et Leh, la capitale d’été.
Au sud du Ladakh se trouve l’Etat indien d’Himachal Pradesh, que traverse l’une des deux routes reliant la région aux plaines indiennes six mois sur douze.
Cette contrée, où l’altitude des zones habitées s’échelonne entre 2700 mètres près de Kargil, à plus de 4500 mètres sur les hauts plateaux du Changthang, est traversée du sud-est au nord-ouest par trois massif montagneux, plus où moins parallèles, qui sont, au nord, la chaîne du Karakoram, au centre, les chaînes du Ladakh et du Zanskar, et au sud, la chaîne du Grand Himalaya. Le sommet le plus élevé du Ladakh, dans la chaîne du Karakoram, est le Saser Kangri, qui culmine à 7672 m.
Le glacier de Siachen, connu comme étant le plus grand glacier au monde en dehors des zones polaires, constitue également, au nord-ouest, l’une des frontières du Ladakh avec le Pakistan.

L’Indus, ou Sengge Khababs (« Le fleuve lion » en ladakhi), prend sa source près du Mont Kailash, au Tibet, et constitue le cour d’eau le plus important du Ladakh. Son principal affluent est au nord, la rivière Shyok, et au sud, la rivière Zanskar.


Le Ladakh, « Ladags » en ladakhi, tirerait son nom du tibétain La-dags (« pays des cols »). La région a toutefois été connue sous différents noms au cours des siècles. On peut entre autre citer Maryul (« pays rouge »), Skor-gsum (« Tibet occidental ») ou encore Khachumpa (« pays de la neige »).[1]

Le Ladakh compte deux districts, Leh et Kargil, qui jouissent d’un statut de semi autonomie au sein de l’Etat de Jammu & Kashmir, depuis quelques années. Suite à l’agitation de 1989, dont il sera question plus loin, un gouvernement local, le Ladakh Autonomous Hill Development Council (LAHDC) a été fondé à Leh, en 1995. En 2003, un Hill Council semblable a été créé à Kargil.
Le district de Kargil compte deux Tehsil[2] : Kargil et le Zanskar, et est subdivisé en sept blocs. Le district de Leh, qui forme un Tehsil à lui-seul, couvre une surface de 60'000 km. et constitue le district le plus vaste et le plus élevé d’Inde, tout en étant le moins densément peuplé du pays, avec une moyenne de 3 habitants au km2. Kargil est légèrement plus peuplé, avec 8 habitants au Km2.[3]

La ville de Leh compte environ 30'000 habitant, et constitue l’agglomération la plus importante du Ladakh. On y trouve le seul aéroport civil de la région, le plus élevé au monde, ainsi que nombre d’infrastructures modernes pour la plupart encore absentes dans le reste de la région. Surplombé par l’ancien palais royal et plus haut, par le col du Khardung-La (5600 m.), l’ancien bazaar de Leh domine la vallée de l’Indus de quelques centaines de mètres, et fait face à la chaîne du Zanskar. La ville et ses faubourgs, qui compte d’importantes bases militaires et des colonies de réfugiés tibétains, s’étendent aujourd’hui jusqu’aux rives de l’Indus.

Kargil, qui compte environ 10'000 habitants, est le chef-lieu du deuxième district du Ladakh, et se trouve à une altitude de 2704 mètres. Le nom « Kargil » viendrait de Khar rKil (« la place entre les châteaux ») ou de Gar Khil (« quelque part où l’on peut séjourner »), selon différentes interprétations[4]. Kargil se situe à une distance à peu près égale (200 Km) de Srinagar, Leh, Skardu et Padum (chef-lieu du Zanskar), et a de ce fait toujours servi de point d’étape aux voyageurs entre ces différentes localités. La fermeture du passage vers Skardu suite aux troubles liées à la partition a toutefois nuis au développement économique de la région, et séparé de nombreuses familles.
La ville, sur les rives de la rivière Suru, reste une étape incontournable sur le trajet entre Srinagar et Leh, mais les voyageurs ne s’y attardent rarement plus d’une nuit.

Kargil, dont la population est à 85% chiite, dans un Etat à majorité sunnite et une région dominée par la culture bouddhiste, n’a pas connu le développement économique et touristique de sa voisine et rivale, Leh.
Les évènements de cette dernière décennie expliquent en partie les difficultés rencontrées par ce district. La guerre de Kargil, déclenchée en mai 1999 sur les hauteurs de la ville, par le Général Pervez Musharraf, alors chef d’Etat Major de l’armée pakistanaise, a duré trois mois et fait plus de 500 morts du côté indien. Les bombardements sporadiques sur la ville et ses environs se sont poursuivis jusqu’en 2002 et restent très présents dans les mémoires.
La corruption et les désaccords entre les différentes tendances au sein de la communauté chiite du district contribuent également à en freiner le développement.

En dehors de ces deux localités d’une certaine importance, le Ladakh compte de nombreux villages, de taille très variable[5]. Ayant été dans leur grande majorité électrifiés, l’électricité n’y est en réalité généralement disponible que quelques heures en soirée, ce qui est périodiquement aussi le cas à Leh et à Kargil[6].

De l’est de Kargil jusqu’à Leh, la plupart des localités sont à majorité bouddhiste, et comptent en général un gompa, « monastère », qui surplombe souvent le village. La taille de ces établissements religieux varie considérablement, ils peuvent en effet compter d’un moine jusqu’à plus d’une centaine. Les gompa entretiennent une relation d’interdépendance avec les villages qui leur sont rattachés, et subsistent principalement grâce aux donations que les villageois font aux moines en retour de leurs prestations religieuses. Traditionnellement, dans chaque village, des terres cultivables appartiennent également au monastère, et les habitants se chargent de les moissonner.

Cette région isolée, malgré son altitude élevée, reçoit très peu de précipitations. La chaîne du Grand Himalaya empêche en effet les nuages de la mousson des plaines indiennes de l’atteindre. Les glaciers surplombant les vallées constituent donc la principale source d’eau de la région. Leurs torrents, canalisés, permettent alors l’irrigation des champs à la fonte des neiges et durant tout l’été. Le Ladakh doit toutefois faire face, depuis quelques années, à des changements climatiques dus au réchauffement de la planète. Les étés tendent à être plus chauds, les hivers plus rudes, et l’on observe également une hausse des précipitations[7].

L’aridité du sol, le climat extrême et l’isolement géographique du Ladakh rendent les conditions de vie dans cette région très ardues. Les hivers longs et rigoureux doivent être préparés pendant les quatre mois d’été. Dès le mois de mai, on commence à couper du bois, en prévision des mois froids, ou à faire des provisions en kérosène, selon le mode de chauffage utilisé. Ceux qui en ont les moyens achètent également du riz, de la farine et des lentilles en grande quantité, ces produits de première nécessité étant rationnés pendant l’hiver.
La fermeture officielle des deux routes d’accès à la région du 15 novembre au 15 mai, oblige en outre les autorités locales, avec l’aide de l’armée, à préparer les stocks de vivres qui permettront de subvenir aux besoins de la population pendant ces six mois d’isolement.

Les fruits et légumes, provenant surtout du Pendjab et des autres régions du Cachemire, parviennent à Leh par camion pendant l’été, et y sont vendus à un prix relativement élevé. L’hiver, surtout quand il touche à sa fin et que les stocks de vivres sont épuisés, oblige les Ladakhis à se contenter d’un régime alimentaire des plus spartiate. Les fruits frais deviennent alors introuvables dans toute la région, à l’exception de quelques pommes; quant aux légumes conservables, la récolte locale étant plutôt maigre, ils se font également rares en hiver. A la fin de la saison froide, la viande vient aussi à manquer : une fois les quotas de moutons, chèvres et yacks à abattre atteints, les Ladakhis doivent s’en passer jusqu’à la réouverture des routes.

Aujourd’hui, certains choisissent d’aller passer les mois les plus froids à Jammu ou dans d’autres villes du nord-ouest de l’Inde, comme Chandigarh ou Delhi, afin d’échapper à la dureté de l’hiver. La majorité reste toutefois au Ladakh et ne se plaint que rarement de cette vie frugale. Les activités étant ralenties et les touristes absents, l’hiver est aussi l’occasion de passer plus de temps en famille et entre amis. Les grandes vacances scolaires ont lieu durant cette saison, de nombreux mariages sont célébrés et beaucoup de festivals, dont Losar, le Nouvel An tibétain, prennent place à ce moment de l’année.

Un portrait du Ladakh serait incomplet sans un mot au sujet du thé au beurre salé ou gurgur-cha: ce breuvage commun à tout le plateau tibétain est indubitablement le produit de prédilection des Ladakhis, qui en consomment facilement plus d’une trentaine de petites tasses par jour. Réchauffant en hiver, hydratant en été, et présent à chaque occasion, cette boisson ne connaît toutefois qu’un très maigre succès auprès des visiteurs occidentaux ; se la voir offrir étant un signe de respect, il est toutefois de bon ton de l’accepter d’un air réjoui…


[1] cf. Thsangspa Tashi Ldawa, Ladakh book of records : a general knowledge book of Ladakh, p. 18.
[2] Le Tehsil est une unité administrative propre à l’Inde, plus petite que le district
[3] cf. Census of India, 2001.
[4] cf. http://kargil.nic.in/, site web officiel du district de Kargil
[5] Le village de Chushot, situé sur les rives de l’Indus, en contrebas de Leh, est connu au Ladakh comme étant le plus long village d’Inde. Cette affirmation reste toutefois à vérifier…
[6] Les centrales électriques actuelles ne suffisant pas à satisfaire la demande croissante en énergie, celle-ci est donc rationnée, et sa consommation est sujette à des contrôles strictes. Il est ainsi interdit, à Leh comme partout dans la région, de posséder des chauffages électriques, des chauffe eaux, ou encore des ampoules au voltage trop élevé. Les résidents paient toutefois une facture d’électricité équivalent à un service continu ; face à cette situation vécue comme injuste, les fraudes sont donc nombreuses. Les nouvelles installations hydro-électriques en cours de construction devraient toutefois améliorer la situation d’ici 2010.
[7] Les inondations qui ont affecté la région en juillet-août 2006, les plus importantes depuis plus de quatre-vingts ans, ont fait une vingtaine de morts, détruit des villages entiers, et causé le déplacement de plus de 3000 personnes.

2 comments:

Anonymous said...

Ce fut un bel article à lire, je vous remercie pour le partage.

Anonymous said...

Merci pour cette information interessante